Loi n° 2025-594 — en vigueur depuis le 11 août 2026
Pige immobilière : ce qui reste autorisé depuis le 11 août 2026
La règle a été abondamment commentée. Ce qui manque, c'est la traduction : quels appels vous pouvez encore passer lundi matin, lesquels sont devenus illégaux, et ce que vous devez être capable de montrer si la DGCCRF le demande.
Au sommaire
- Ce qui est interdit, exactement
- Les deux portes qui restent ouvertes
- Bloctel n'existe plus — et ça change votre réflexe
- Vos six situations de terrain, une par une
- Les règles qui s'appliquent une fois l'accord obtenu
- Ce que vous devez pouvoir produire
- Le risque dont on parle le moins : le mandat qui tombe
- Ce que devient votre fichier de pige
1. Ce qui est interdit, exactement
Depuis le 11 août 2026, le démarchage téléphonique d'un consommateur est interdit par principe, dans tous les secteurs. Ce n'est plus une liste d'opposition qu'il faut consulter avant d'appeler : c'est un accord qu'il faut détenir.
Le renversement est complet. Avant, tout était permis sauf auprès des inscrits sur Bloctel. Depuis le 11 août, tout est interdit sauf accord préalable. Pour la pige immobilière, cela vise très directement le geste qui fondait le métier : repérer une annonce de particulier et décrocher son téléphone.
Un point de vocabulaire qui a son importance : le texte protège le consommateur. Appeler un confrère, un marchand de biens, un notaire ou un promoteur dans le cadre de son activité professionnelle ne relève pas de cette interdiction — ce qui ne veut pas dire que vous êtes libre de tout, le RGPD continue de s'appliquer à ces données-là.
2. Les deux portes qui restent ouvertes
L'administration en reconnaît deux, et deux seulement.
Le contrat en cours
Vous pouvez appeler une personne avec qui vous êtes lié par un contrat en cours, à condition que l'appel ait un rapport avec l'objet de ce contrat. Un mandat de vente signé vous autorise donc à téléphoner à votre mandant pour lui parler de son bien, lui proposer un ajustement de prix, une prestation complémentaire. Il ne vous autorise pas à l'appeler pour lui vendre autre chose.
Attention à la limite : un ancien client dont le mandat est expiré n'est plus sous contrat. Le vendeur à qui vous avez fait signer un compromis il y a deux ans n'est plus sous contrat. Ces appels-là nécessitent désormais un accord.
Le consentement préalable
C'est l'autre porte, et c'est la seule qui s'ouvre sur de la prospection nouvelle. Le consentement doit être une manifestation de volonté libre, spécifique, éclairée, univoque et révocable, exprimée par un acte positif clair.
Concrètement, au moment où vous le recueillez, vous devez avoir indiqué :
- qui vous êtes — votre identité, pas celle d'un réseau ou d'un partenaire vague ;
- sur quoi porte le consentement : la nature des biens ou services pour lesquels vous demandez à pouvoir appeler ;
- pour combien de temps — et cette durée ne peut pas dépasser un an, sans reconduction tacite possible.
Une case pré-cochée n'est pas un acte positif clair. Un accord donné à un tiers qui vous « transmet le lead » n'est pas spécifique à vous. Et la personne peut retirer son accord à tout moment, y compris oralement, en pleine conversation — auquel cas la conversation s'arrête.
La rénovation énergétique, l'adaptation des logements au handicap ou au vieillissement, et le démarchage des titulaires d'un compte personnel de formation. Dans ces domaines, aucun consentement ne rouvre la porte. Si votre activité touche à la rénovation énergétique — et beaucoup d'agences s'y sont mises —, la prospection téléphonique y est fermée, point.
3. Bloctel n'existe plus — et ça change votre réflexe
Le service a cessé d'exister le 11 août 2026, devenu sans objet. C'est un détail qui compte, parce qu'il supprime une habitude protectrice : beaucoup de professionnels vérifiaient leur fichier contre Bloctel et considéraient qu'ils étaient en règle.
Ce réflexe ne protège plus de rien. Un numéro qui n'était pas sur Bloctel n'est pas pour autant un numéro que vous pouvez appeler. La question n'est plus « cette personne s'est-elle opposée ? » mais « ai-je son accord ? ». Et c'est à vous de démontrer que oui.
4. Vos six situations de terrain, une par une
| La situation | Ce que vous pouvez faire |
|---|---|
| Une annonce de particulier repérée sur un portail | Appel interdit. Publier une annonce n'est pas consentir à être démarché. C'est le cœur de ce qui change. |
| Un mandat en cours | Appel autorisé pour tout ce qui touche à l'objet du mandat. |
| Un ancien client, mandat expiré | Accord nécessaire. Le contrat n'est plus en cours ; l'ancienneté de la relation ne vaut pas consentement. |
| Un formulaire d'estimation rempli sur votre site | Autorisé si le formulaire demandait explicitement l'accord d'être appelé, nommait votre agence, précisait l'objet et la durée. Une simple case « j'accepte d'être recontacté » posée en bas d'un formulaire ne suffit pas. |
| Un fichier acheté ou un lead fourni par une plateforme | Très exposé. Le consentement doit être spécifique à vous. Un accord donné à un intermédiaire ne se transfère pas mécaniquement ; en cas de contrôle, c'est vous qui devrez produire la preuve, pas votre fournisseur. |
| Un confrère, un notaire, un marchand de biens | Hors du champ de cette interdiction, qui protège les consommateurs. Le RGPD s'applique toujours. |
5. Les règles qui s'appliquent une fois l'accord obtenu
Avoir le consentement ne signifie pas pouvoir appeler quand on veut.
- Les jours et heures : du lundi au vendredi, de 10 h à 13 h et de 14 h à 20 h. Interdit le samedi, le dimanche et les jours fériés. Une seule dérogation existe : si la personne a expressément accepté un rendez-vous téléphonique à une date et une heure précises, qui lui ont été indiquées.
- La fréquence : pas plus de quatre appels au même consommateur sur une période de trente jours.
- Le numéro : pas d'appel en numéro masqué.
Ces trois règles paraissent secondaires à côté de l'interdiction de principe. Elles ne le sont pas : ce sont les plus faciles à constater pour un contrôleur, parce qu'elles laissent une trace dans les journaux d'appels.
6. Ce que vous devez pouvoir produire
La charge de la preuve pèse sur le professionnel. Ce n'est pas au consommateur de démontrer qu'il n'a rien accepté : c'est à vous de démontrer qu'il a accepté, et dans les formes.
Une preuve utilisable réunit quatre éléments :
- Qui a consenti — la personne identifiée, pas seulement un numéro de téléphone.
- Quand, avec un horodatage que vous n'avez pas fabriqué après coup.
- Par quel canal l'accord a été donné.
- Sur quel texte exact — la formulation qui était affichée sous ses yeux à ce moment-là. Si vous modifiez votre formulaire l'an prochain, la preuve conservée doit rester celle du texte qu'a lu cette personne-là.
Cette preuve se conserve trois ans au minimum, et doit être mise à la disposition du consommateur s'il la demande.
Prenez un numéro au hasard dans votre fichier. Pouvez-vous, en moins de deux minutes, afficher qui a consenti, quand, comment, et sous quelle formulation ? Si la réponse est non, vous n'avez pas de preuve — vous avez un souvenir.
7. Le risque dont on parle le moins : le mandat qui tombe
Les commentaires se sont concentrés sur les amendes. Elles sont réelles : jusqu'à 75 000 € pour une personne physique et 375 000 € pour une personne morale, par manquement, et ces amendes peuvent faire l'objet d'une publication systématique par la DGCCRF. Pour une agence, la publication fait souvent plus mal que le montant.
Mais il y a un risque plus silencieux, et il touche directement votre chiffre d'affaires : un contrat conclu à la suite d'un démarchage téléphonique non conforme n'est pas valable.
Traduisez : un mandat obtenu au terme d'une chaîne qui commence par un appel illégal est fragile. Pas seulement passible d'une amende — attaquable. Un vendeur mécontent, un confrère évincé, et c'est votre honoraire qui est en jeu, des mois après la signature. C'est la raison pour laquelle le sujet ne peut pas être traité comme une formalité de conformité : il touche à la solidité de ce que vous vendez.
8. Ce que devient votre fichier de pige
Il ne devient pas inutile. Il change de fonction.
Jusqu'ici, une annonce repérée déclenchait un appel. Désormais, elle déclenche une demande d'accord — et l'appel n'a lieu qu'après. L'ordre des opérations s'inverse, et c'est tout ce qui change ; le repérage, lui, garde exactement la même valeur.
Trois canaux permettent de demander cet accord sans téléphoner :
- Le courrier postal. Il n'est pas concerné par l'interdiction, il arrive chez la personne, et il permet de porter une demande d'accord écrite, datée, avec un moyen simple de répondre.
- Le contact entrant. Estimation en ligne, contenu local, avis clients : la personne vient à vous et donne son accord dans un cadre que vous maîtrisez.
- Le porte-à-porte et la recommandation, qui n'ont jamais relevé de ce texte.
La Machine à Mandats repose exactement sur ce basculement. Le repérage reste automatique ; ce qui part vers le propriétaire, c'est une lettre, pas un appel. Elle porte un QR code personnel : la personne scanne, lit la phrase exacte qui lui est proposée, et coche — ou ne coche pas. Son accord est enregistré avec son horodatage, le canal, et le texte qu'elle avait sous les yeux.
Et le jour où vous décrochez votre téléphone, vous savez pourquoi vous avez le droit de le faire.
La page qu'ouvre le propriétaire en scannant le QR code de la lettre : la phrase exacte qu'il lit, la case qu'il coche, et ce qui est enregistré à la seconde où il l'accepte. Rien à installer, rien à donner.
Voir la démonstrationLa loi dit quels appels sont permis ; le décret dit ce que vous devrez montrer.
Lire les cinq mentions obligatoires du décret, ou prendre
directement le modèle de courrier gratuit.
Convaincu avant même de regarder ? Le secteur est exclusif, un seul professionnel
par zone — réserver le mien.
Sources
- Loi n° 2025-594 du 30 juin 2025 contre toutes les fraudes aux aides publiques, article 13 — Légifrance
- Décret n° 2026-662 du 23 juillet 2026 relatif aux modalités de recueil, de conservation et de retrait du consentement
- Articles L221-16 et L242-16 du code de la consommation
- « Professionnels : comment respecter la réglementation sur le démarchage téléphonique ? », economie.gouv.fr, mis à jour le 21 août 2026
- « Démarchage téléphonique interdit : quelles sont les nouvelles règles ? », Service Public, mis à jour le 11 août 2026
Cette page présente l'état du droit au 31 août 2026 à des fins d'information professionnelle. Elle ne constitue pas une consultation juridique : pour une situation particulière, rapprochez-vous d'un avocat.